LES UNIVERSITÉS SONT DES CHENILS

L’usine à chiens de gardes est aux abois,

(Réflexions sur l’université : Court essai sur la contre-culture et le contre-état, soit l’opposition au service du pouvoir).

Pour les 50 ans de Mai 68, la piétaille universitaire rejoue le grand spectacle du Potemkine estudiantin. Certains, en proie à un optimisme propre à la réaction contemporaine, espéraient le gauchisme enfin assoupi dans les errances somnambules de Nuit Debout. C’était sans compter le « poids le plus lourd » de l’époque : La défaite de la pensée, dont l’éternel retour de tignasses verdâtres est le cancer incurable. Dans l’exaspération générale, le crétinisme « sarouellard » pullule sur les campus, comme de l’acné juteuse sur un visage pré-pubère en émoi.

(Musique d’ambiance en attendant le grand soir…)

Au plus grand déplaisir du téléspectateur, les riches héritiers des Co(h)nneries de Ben-dit revisitent pour vous les classiques du mouvement étudiant. De Tolbiac à Clignancourt, sans oublier le Mirail et Nanterre, les fiefs historiques des luttes buboniques s’encanaillent contre les « élites » et la morale bourgeoise ! Au rendez-vous : Bondieuseries post-coloniales, « Bourdieuseries » universitaires et couvents non-mixtes pour mesdames. Un demi-siècle après la Révolution qui failli renverser l’Histoire, les dominé.e.s convergent aux cri de : « Sélection piège à cons ! »

Nous nous accorderons pour encourager la critique de toutes les instances de domination, qu’elles soient structurelles ou infra-structurelles, morales ou politiques. Cependant, posons-nous la question: Cinquante ans après Mai 68, qui sont les flics, qui sont les curés ? Voyez plutôt…

Il faut, malgré son incontestable laideur, admettre une certaine originalité à cette répétition lascive de Mai 68 : La misère intellectuelle du milieu étudiant équivaut au moins à celle du gouvernement. Les défenseurs de la sélection et les bloqueurs communient dans la même pensée empirique et figée de la logistique. Aucun des deux camps ne cherchent à comprendre l’origine de la surpopulation des universités, et par conséquent l’origine même de la réforme. Le gouvernement pose le problème des places en amphithéâtre et les bloqueurs répondent en mendiant des subventions : « Du fric, du fric, pour le service public ! » …
Il semble pourtant que la pierre angulaire du débat est la question du contenu.  Si les universités sont remplies à ras bords d’imbéciles errants, c’est que le savoir qui y est enseigné est à la portée du premier écervelé. Depuis Jack Lang, le savoir universitaire a pour fonction de massifier le nombre d’étudiants et donner ses lettres de noblesse à l’illettrisme. L’enseignement universitaire est par essence démocratisé, démocratique et démocratisant. L’université est une instance étatique de l’éducation, ainsi, elle ne peut que recracher l’idéologie étatique du libéralisme post-étatique et son obsession de l’horizontalité. De par son infinie médiocrité, le savoir universitaire rend possible et engendre la surpopulation. La réforme de la sélection aurait donc pour but de réserver un savoir massifié à une minorité. Si la réforme passe, elle engendrera un système contradictoire qui appellera sans cesse à rouvrir ses portes aux cohortes vaporeuses des pauvres hères déambulatoires. Ainsi, nous disons : « A bas la sélection et à bas les blocages », car les deux camps défendent l’aménagement et la persistance du même savoir étatique de l’abrutissement.

Nous avons vu que les bloqueurs et le gouvernement ne divergeaient pas sur l’essence même du problème universitaire, mais différaient sur l’aménagement du crétinisme généralisé. Cette analyse nous amène donc à nous questionner sur le caractère réellement subversif des manifestants, et également sur le caractère authentiquement étatique de l’état en place. Pour cela, revenons à la dernière élection et à l’attitude des deux camps.

Du mimétisme des antipodes:

En mai 2017, l’Etat-Banquier du playboy Rothschild nous a sauvé de la vague rouge-blonde. Effrayés de voir le drapeau Européen relégué aux poubelles de l’histoire, les Français sont allés voter pour l’ordre et la sécurité, le statut quo. En cela, le peuple a usé du pouvoir d’état pour empêcher la résurgence d’un véritable état-nation souverain. Nous dirons donc que l’état moderne européen est un Contre-état, qui n’agit que pour garantir une soumission au supranationalisme Européen. En effet, le pouvoir d’état n’existe plus que pour que pour asseoir la société post-étatique et post-nationale.
De la même manière que pendant la polémique sur l’université, l’extrême gauche n’a pas proposé de remise en question radicale des fondements idéologiques à la base des structures politiques. En encourageant le barrage Républicain (ou la ratonnade démocratique) les Antifascistes se sont fait auxiliaires de police des Gestapo libérales de la pensée. Encore une fois, l’opposition et le contre-pouvoir en place ont fait système pour défendre le même ordre établi, le même contenu. Voyons maintenant comment l’alliance objective de l’opposition et du contre-état continue à s’articuler après l’élection.

Après le servile aménagement de la démocratie, se pose la question de l’aménagement démocratique de la servitude. En première instance, le gouvernement défend une contre-administration libérale de la société française. De son côté, la gauche s’empêtre dans ses contradictions : Elle souhaiterait conserver le soutien politique du chaos généralisé dû à l’effacement du politique, tout en proposant une organisation égalitaire qui suppose l’existence d’un état réel et non plus formel. Ainsi, l’opposition ne produit jamais qu’un discours qui laisse planer le spectre archaïque de l’état sans jamais surpasser sa contradiction. Cette castration idéologique que la gauche s’inflige à elle-même par excès de moraline antifasciste est la condition sine qua non de la survie de son adversaire : la démocratie libérale. En effet, la défense de « l’état réel » que l’on associe aujourd’hui aux dérives totalitaires du XXème siècle est l’épouvantail que le Libéralisme doit agiter pour survivre. Poursuivons:
Contrairement aux dires d’un auteur célèbre qui mérite l’admiration dont il jouit actuellement, il ne semble pas que la démocratie aille contre elle-même. Disons plutôt que la démocratie survit contre ce qui va contre elle. Comme le disait Churchill : « La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres ». En effet, la démocratie ne semble exister « qu’à l’exception de », « qu’en comparaison à ». Ainsi, elle a besoin de sécréter ou d’utiliser l’opposition qu’on lui formule pour s’ériger en dernier rempart du « monde libre », en système du moins pire, et cela au moyen de distorsions historiques sophistiques : Chacun aura noté que les libéraux ne semblent pas avoir acté la fin des années 30. Ils opposent perpétuellement l’avènement du Fascisme, du Stalinisme ou de l’Anarchie à la destruction du contre-ordre établi. La démocratie est donc le pire des systèmes au sens où elle est le système du moins pire qui a besoin du pire pour exister. Suivant cette logique, les groupuscules d’extrême gauche sont les contre-cultures étatiques du contre-état,  en tant qu’elles sont les épouvantails de survie du libéralisme en mouvement.

Les Antifas sont la police, les policiers sont les Antifas. L’opposition c’est l’état, l’état c’est l’opposition. Tous sont des camarades des antipodes.

(NB : Si l’Antifascisme n’existe qu’en opposition à l’extrême droite dans la même logique de survie que la démocratie, elle aussi est par extension l’alliée objective de ce qu’elle dénonce. Ceci fera l’objet d’un article prochainement dans la Vachosphère).

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